La Vie parisienne
À propos de l’œuvre
Inscrite dans la sillage de l’Exposition universelle de 1867, La Vie parisienne de Jacques Offenbach (1819-1880) est tout d’abord créée en cinq actes le 31 octobre 1866 au Théâtre du Palais-Royal à Paris. Si le succès est immédiat - l’oeuvre reste un an à l’affiche - la partition sera toutefois remaniée par son compositeur, pour donner plus d’efficacité dramaturgique au déroulement, et présentée dans une nouvelle version en quatre actes le 25 septembre 1873 au Théâtre des Variétés.
Composée en étroite collaboration avec les librettistes Henri Meilhac et Ludovic Halévy, le soixante-sixième ouvrage lyrique de Jacques Offenbach prend la forme d’un opéra bouffe où s’enchaînent des tableaux de fête, pleins de gaieté et de sarcasme. Répondant au principe de « vaudeville à couplets », elle s’adresse plus à des comédiens chanteurs qu’à des interprètes lyriques.
S’inspirant de l’hebdomadaire illustré La Vie parisienne, catalogue de petites scènes élégantes fondé en 1862 par Marcellin, auquel l’ouvrage est d’ailleurs dédié, l’argument relate la rencontre fortuite à Paris, d’un petit groupe de figures hautes en couleurs dont les intrigues cocasses se dénouent finalement dans une fête où l’esprit de la capitale resplendit de manière pétillante. Tandis que les deux acolytes Bobinet et Gardefeu jouent les dandys, la belle Métella au timbre de mezzo hautement expressif contraste avec la légèreté de la gantière Gabrielle et le caractère bouffe du bottier Frick. S’ajoutent à cela des domestiques jouant les grands seigneurs pour épater dans un vaste canular le baron suédois Gondremarck et la baronne, et le Brésilien au nom truculent de Pompa di Matadores, qui semble incarner à lui seul tout l’esprit de l’oeuvre.
Véritable mise en abîme du théâtre - les protagonistes correspondent aux différents types sociaux constituant le public des Variétés - c’est là une ode à Paris, à la nostalgie de l’amour et à l’attrait de l’argent. Alternant les airs, les dialogues parlés et les choeurs, la partition laisse transparaître aux rythmes des valses, des galops, des tyroliennes et des marches, le style à la fois ingénieux et
truculent de ce maître de l’opérette qu’est Offenbach. Labiche de déclarer ainsi peu après la première « c’est amusant, grotesque, bouffon et spirituel ».
Stéphane Roussel
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