Elektra

À propos de l’œuvre


Chef-d’oeuvre des premières années du XXe siècle, Elektra marque en 1906 la rencontre entre le compositeur Richard Strauss (1864- 1949) et l’auteur Hugo von Hoffmannsthal. Début d’une lignée de collaborations fructueuses, telles que Le Chevalier à la rose, Ariadne à Naxos, La Femme sans ombre, Hélène d’Égypte, ou encore Arabella, le livret s’inspire directement de la tragédie éponyme de Sophocle.

La princesse de Mycènes, Elektra, assoiffée de haine envers les meurtriers de son père Agamemnon, décide de se venger et de tuer Clytemnestre, sa mère meurtrière, dont les nuits sont hantées, depuis son crime, par des rêves atroces. Pour faire taire ces démons intérieurs, Elektra lui déclare que le seul remède est le sacrifice de sa propre personne. Le malheur frappant à nouveau, Chrysothémis, la soeur d’Elektra, vient lui annoncer que leur frère, Oreste, est mort lui aussi. Mais la rumeur est fausse, et bientôt ce dernier revient au palais pour venger Agamemnon. À la fin de l’acte, tandis qu’Oreste tue Chryothémis et son mari Egisthe, Elektra, le sacrifice ainsi accomplit, entre dans une transe finale et s’écroule inanimée.

Créé au Königliche Hofoper de Dresde le 25 janvier 1909, l’opéra demeure l’une des partitions les plus difficiles à chanter du répertoire lyrique. Tandis que l’orchestre monumental, dont les pupitres de cordes sont construits de façon atypique, atteint cent dix musiciens, la soprano reste quasiment sans interruption en scène et doit déployer tout le spectre vocal de la tension expressive. Imprégnée des théories psychanalytiques de Sigmund Freud, alors en pleine expansion, Elektra, partition pour laquelle Strauss affi rmait « être allé le plus loin possible dans ce que l’ouïe humaine peut supporter », apparaît avec Salomé, créée quatre années auparavant, comme l’une des oeuvres les plus radicales du catalogue du compositeur viennois.

Stéphane Roussel


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